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L’Afrique, prochain Moyen-Orient après la mort chaotique de Khamenei ?

Dernière mise à jour : 2 mars


Le contexte actuel rend sérieuse l’hypothèse d’une crise en Afrique à l’image de celle qui a secoué le Moyen-Orient. Le continent africain est déjà au cœur des convoitises et des nouvelles stratégies des puissances impérialistes en raison de ses ressources minières, de sa position géographique stratégique dans les grandes voies de navigation commerciale, ainsi que de son instabilité sécuritaire chronique. Par ailleurs, la croissance du nombre de musulmans et l’arabisation progressive du continent, illustrées notamment par la guerre au Soudan, alimentent les tensions. Le phénomène djihadiste, qui gangrène plusieurs régions africaines — faisant désormais du continent l’épicentre mondial du terrorisme — fait également l’objet de réflexions intenses visant à le maîtriser. Enfin, la pauvreté, facteur fondamental de vulnérabilité, ne peut être ignorée.


Ce cocktail complexe est propice aux manœuvres internationales, d’autant plus que la première puissance mondiale est dirigée par un président belliqueux, impulsif, maladroit, facilement manipulable, sans culture politique approfondie, méprisant le droit et manifestant un goût marqué pour écraser les plus faibles. Dans le projet rédigé par la Heritage Foundation, qui a inspiré la politique trumpienne, le Somaliland — seul territoire africain non reconnu mentionné et toujours pas reconnu par les USA — cherche à obtenir une reconnaissance internationale. Il a d’ailleurs pris l’initiative d’être reconnu par Israël, au risque d’exacerber les tensions avec son voisin somalien, déjà opposé à sa sécession et de fait à sa reconnaissance. Cette démarche provoque des remous dans une région à majorité musulmane, où la question palestinienne demeure hautement sensible. Un autre pays africain, l’Algérie, bien que non inclus dans le programme de Heritage Fondation, était citée par le sénateur Marco Rubio comme étant un problème. Toutefois, aucune nouvelle initiative notable n’a été observée de sa part depuis sa prise de fonction actuelle.

Dans la région subsaharienne, à l’instar du Somaliland, la République démocratique du Congo (RDC) tente d’attirer les projecteurs américains afin de valoriser son sous-sol et même en se vendant, en échange d’un soutien face à son voisin rwandais, qui mène parallèlement une diplomatie active auprès de Washington pour éviter d’éventuelles sanctions. Par ailleurs, les évangéliques américains, au nom d'un prétendu génocide chrétien par les musulmans et de la très forte base évangélique nigériane, ont obtenu un bombardement américain sans impact significatif dans le nord du Nigeria, à majorité musulmane, pour un coût dépassant cent millions de dollars. En Afrique du Sud, les descendants de colons, dont quelques uns occupent des postes influents dans la tech américaine et conseillent le président, ont obtenu la possibilité d’immigrer légalement aux États-Unis après avoir inventé un narratif génocidaire dont certains seraient les victimes.


Nous sommes sans doute encore loin d’un scénario comparable à celui du Moyen-Orient, mais il serait imprudent d’ignorer les dynamiques à l’œuvre. L’Afrique demeure cependant pour l’instant moins attractive, notamment parce que le Moyen-Orient représente toujours près de 50 % de la production mondiale de gaz et de pétrole, avec un environnement plus stable et lisible, marqué par l’absence de coups d’État fréquents et d’une corruption généralisée qui décourage les investisseurs. Sur le plan sécuritaire, bien que les groupes djihadistes contrôlent la moitié de certains pays africains, ils restent peu menaçants pour les pays occidentaux et leurs intérêts, à l’exception du projet gazier au Mozambique, où le groupe énergétique Total rencontre de grandes difficultés. On peut également citer le cas d’Orano, où les militaires putschistes, isolés, en manque de liquidités et craignant les tribunaux d’arbitrage internationaux, ont finalement accepté de s’entendre avec l’entreprise française. Et puis pour terminer, le continent africain est quasiment un désert militaire. A peine quatre pays peuvent se targuer d'avoir une véritable armée : l'Egypte, l'Afrique du Sud, l'Algérie, le Maroc. Peu de probable donc d'assister à des campagnes militaires d'envergure, ce qui n'invalide pas le risque de reconfiguration régionale imposé avec la brutalité criminelle des puissances enragées par l'impérialisme à tout crin.

 
 
 

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